Accueil 5 Education 5 Handicap et école française à l’étranger : un débat toujours central pour les familles
La question de l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap dans le réseau d’enseignement français à l’étranger reste un enjeu majeur pour de nombreuses familles françaises établies hors de France. Entre difficultés administratives, manque d’accompagnement et inégalités d’accès aux dispositifs d’aide, les attentes demeurent fortes pour garantir une véritable égalité des chances dans l’ensemble du réseau AEFE. Dans ce contexte, Yan Chantrel alerte sur les obstacles persistants rencontrés par les familles.

Depuis plusieurs années, Français du monde – ADFE se mobilise sur ces problématiques, notamment autour de l’accès aux accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), de l’accompagnement des élèves à besoins éducatifs particuliers et de l’égalité d’accès à l’éducation dans les établissements français à l’étranger.

Lors des Assises de la protection sociale des Français de l’étranger organisées au Sénat en juillet 2025, l’association avait rappelé l’importance d’une école véritablement inclusive, fondée sur les besoins réels des élèves et non sur des critères restrictifs. Les représentants associatifs avaient alors souligné les difficultés rencontrées par de nombreuses familles confrontées à des démarches complexes pour obtenir une aide adaptée à leurs enfants.

Une proposition pour simplifier la prise en charge des AESH

Dans ce contexte, le sénateur Yan Chantrel a porté plusieurs propositions dans le cadre de l’examen de la proposition de loi visant à renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap.

Dans un compte rendu publié sur son site, le sénateur rappelle : « Les députés examinaient ce lundi 11 mai 2026 la proposition de loi visant à renforcer le parcours inclusif des élèves en situation de handicap. »

Il revient également sur les dispositions adoptées au Sénat en mai 2025 : « Lors de l’examen de ce texte au Sénat, en mai 2025, j’avais obtenu l’adoption de dispositions concrètes afin d’améliorer et d’accélérer la prise en charge des élèves français en situation de handicap dans notre réseau d’enseignement à l’étranger. »

L’objectif affiché était de répondre aux difficultés rencontrées par les familles françaises expatriées dans leurs démarches administratives pour obtenir un accompagnement scolaire adapté.

Selon le sénateur : « L’objectif était clair : mettre fin au véritable parcours du combattant que subissent aujourd’hui de nombreuses familles françaises établies hors de France pour obtenir la prise en charge financière des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). »

Des démarches souvent longues et inadaptées

Aujourd’hui, les familles concernées doivent encore s’appuyer sur les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) en France pour faire reconnaître les besoins de leurs enfants, même lorsqu’elles résident durablement à l’étranger.

Le sénateur décrit ainsi la situation actuelle : « Actuellement, ces familles doivent engager des démarches administratives longues et inadaptées, en passant par les Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) en France, avec souvent des avances de frais très importantes et des délais de traitement dépassant parfois douze mois. »

Il ajoute : « Trop d’enfants et de familles restent ainsi sans solution. »

Pour répondre à ces difficultés, le Sénat avait adopté une mesure prévoyant « la création, auprès de chaque poste diplomatique ou consulaire, d’une commission locale d’évaluation des besoins des enfants français en situation de handicap à l’étranger ».

Selon Yan Chantrel, cette mesure devait permettre « d’établir une équivalence avec les décisions des MDPH et ainsi ouvrir plus rapidement les mêmes droits à l’accompagnement scolaire qu’en France ».

Des dispositions finalement rejetées à l’Assemblée nationale

Le sénateur regrette toutefois que ces dispositions n’aient pas été conservées lors de l’examen du texte par les députés. Il déclare : « Je regrette profondément que les députés Renaissance et du Rassemblement national aient choisi de rejeter ces avancées pourtant pragmatiques et attendues par les familles, pour les remplacer par la création d’un simple “référent handicap”, dépourvu de réel pouvoir d’action et incapable de répondre efficacement aux difficultés rencontrées par nos compatriotes établis hors de France. »

Avant de conclure : « Les familles françaises de l’étranger méritent mieux que des dispositifs symboliques : elles ont besoin de solutions concrètes, efficaces et applicables. »

Alors que les besoins augmentent dans l’ensemble du réseau AEFE, la question du financement des AESH, de leur recrutement et de l’accompagnement adapté des élèves reste centrale pour garantir l’égalité des chances et le droit à l’éducation pour tous les enfants français, où qu’ils vivent dans le monde.

Voir aussi

Tables rondes : un enseignement accessible à tous les Français de l’étranger

https://francais-du-monde.org/2025/09/02/ecole-inclusive-pour-toutes-et-tous/

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