Accueil 5 L'association 5 45ᵉ session de l’AFE : une mandature qui s’ouvre, une instance qui s’affirme
Du 12 au 16 octobre 2026, au centre de conférences ministériel du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, l’Assemblée des Français de l’étranger (AFE) a installé sa nouvelle mandature.

L’Assemblée des Français de l’étranger est composée de 90 conseillers élus pour six ans. Elle est compétente sur toutes les thématiques relatives à la situation des Français établis hors de France. Elle peut être consultée par le Gouvernement, par la présidente de l’Assemblée nationale ou par le président du Sénat. Elle peut aussi, de sa propre initiative, réaliser des études et adopter des avis, des résolutions et des motions.

Cette fonction consultative, souvent méconnue, est pourtant essentielle : l’AFE est l’un des rares lieux où les préoccupations concrètes des quelque 3,5 millions de Français établis hors de France remontent de manière structurée vers les pouvoirs publics. Pensions de retraite, bourses scolaires, protection sociale, état civil, accès aux services consulaires : c’est là que ces sujets sont instruits, débattus et portés.

Cette 45ᵉ session était la première de la nouvelle mandature, issue des élections consulaires de mai et juin 2026, qui ont désigné 433 conseillers des Français de l’étranger. 90 d’entre eux ont été élus par leurs pairs pour siéger à l’AFE. Elle était donc consacrée, pour l’essentiel, à l’installation de l’Assemblée : élection du président, des vice-présidents et du bureau, adoption des modalités de fonctionnement, constitution des commissions.

Une Assemblée largement renouvelée

La séance constitutive, ouverte par la doyenne d’âge, Françoise Onillon, et par le nouveau secrétaire général de l’Assemblée, Benoît Schneider, a donné à voir une institution en renouvellement. Seuls 38 conseillers sur 90 siégeaient déjà lors de la précédente mandature. L’Assemblée compte désormais 40 femmes et 50 hommes, contre 37 et 53 auparavant, un rééquilibrage appréciable.

En ouverture, la ministre déléguée, Éléonore Caroit, a appelé à la mobilisation en vue de l’élection présidentielle annoncée pour le 18 avril. Elle a rappelé que 1,8 million de Français sont inscrits au registre, pour 3 à 3,5 millions de compatriotes établis à l’étranger, et confirmé le maintien du vote électronique. Elle a également confirmé la réforme de l’AEFE, confiée à son nouveau directeur général, Alexandre Morois, tandis que le projet de loi relatif aux Français de l’étranger cède le pas à des mesures réglementaires (maison du handicap, permis de conduire). Les conseillers l’ont interpellée sur le programme 151, la transmission des documents budgétaires, le rythme de la réforme de l’ Agence pour l’Enseignement français à l’étranger (AEFE), le déficit de la Caisse des Français de l’étranger (CFE) et la lisibilité des communications consulaires.

Un nouveau président : Baptiste Heintz

Au terme d’une journée inaugurale mouvementée, Baptiste Heintz a été élu président de l’AFE dès le premier tour, par 59 voix contre 11 à Sophie Lartilleux Suberville (71 votants sur 90), après le retrait de Christophe Lejeune. Il succède à Hélène Degryse.

Né à Strasbourg en 1985, élu de la circonscription Afrique occidentale et installé à Abidjan, Heintz est également conseiller des Français de l’étranger pour la Côte d’Ivoire et le Liberia. Son parcours associe engagement politique, vie associative et expérience dans les affaires publiques et la communication institutionnelle. Il présidait jusqu’ici le groupe Écologie & Solidarité et a participé aux travaux sur les affaires sociales, l’emploi et la formation. Ses interventions témoignent d’un intérêt constant pour le quotidien des expatriés : versement des pensions, bourses scolaires, orientation des jeunes, conséquences des règles fiscales et sociales à l’étranger.

Baptiste Heintz est membre de Français du monde – ADFE depuis plusieurs années, nous tenons à lui adresser nos félicitations les plus sincères.

Dès sa première séance de présidence, il s’est décrit comme le « ciment » d’un travail collectif fondé sur « l’égalité » entre élus, rendant hommage à la sénatrice Hélène Conway-Mouret ainsi qu’à ses prédécesseurs, Hélène Degryse et Marc Villard. Il a aussi rappelé, le troisième jour, que les élus de l’AFE sont des bénévoles, un point qui mérite d’être souligné.

Baptiste Heintz, président de l'AFE

Une gauche rassemblée

Cette mandature s’ouvre avec un signal politique fort : les élu·es de la gauche et de l’écologie ont dépassé leurs différences pour se rassembler au sein d’un groupe commun, Les progressistes écologistes et solidaires, composé en grand nombre de membres de Français du monde – ADFE et présidé par Anju Chazot, également membre de notre association. Dans un contexte où les convergences sont plus que jamais nécessaires, cette démarche collective témoigne d’une volonté de travailler dans la durée.

Anju Chazot

Association reconnue d’utilité publique, Français du monde – ADFE rassemble des adhérents dont l’engagement citoyen est constant, au service des Français de l’étranger. Voir ses membres siéger à l’AFE, y présider des groupes, jusqu’à en occuper la présidence, est la reconnaissance d’un travail de terrain mené souvent loin des projecteurs, et d’une conviction : celle que la représentation des Français de l’étranger se construit par l’écoute, la proximité et l’exigence.

Nous nous réjouissons pour elles et pour eux, et leur souhaitons une mandature fructueuse.

Budget, identité numérique, présidentielle : les dossiers de fond

Le quatrième jour a été consacré au rapport de l’administration, présenté par François Penguilly, directeur adjoint de la DFAE (Direction des Français à l’étranger et de l’administration consulaire).

On y retient :

    • 1 791 837 inscrits au registre, soit 120 000 de plus, avec des délais en baisse ;
    • 166,7 M€ pour le programme 151 dans le projet de loi de finances 2027 (+ 13,75 M€), cette hausse tenant à la présidentielle, désormais intégralement financée par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, tandis que les aides sociales, les bourses et le handicap sont préservés ;
    • pour la présidentielle de 2027, la promotion de France Identité, la propagande dématérialisée et la fin de l’envoi des bulletins par la poste, ainsi que la suppression du vote par correspondance aux législatives ;
    • un test grandeur nature du vote avec France Identité en novembre, et une subvention à la CFE de 0,38 M€.

Sur ces sujets, identité numérique, état civil en ligne, CFE, certificats de nationalité, les groupes ont posé de nombreuses questions : c’est précisément le rôle de l’AFE que de veiller à ce que la modernisation du service public ne se fasse pas au détriment de la proximité.

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