Français du monde – ADFE interpelle les parlementaires pour que les Françaises et les enfants victimes de violences à l’étranger soient pleinement intégrés à la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles
Alors que l’Assemblée nationale examine la proposition de loi visant à apporter une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants, Français du monde – ADFE a adressé, le 22 septembre, un courrier aux membres de la commission spéciale ainsi qu’aux députées et députés représentant les Français établis hors de France.
Notre demande est simple : une loi qui se veut intégrale ne peut laisser de côté les Françaises et les enfants victimes de violences lorsqu’elles et ils se trouvent hors de France.
Depuis plusieurs années, Français du monde – ADFE alerte sur les difficultés particulières auxquelles sont confrontées les victimes françaises à l’étranger. Éloignement, dépendance économique, méconnaissance du droit local, barrières linguistiques, confiscation des documents d’identité, présence d’enfants mineurs ou impossibilité matérielle de quitter le pays peuvent transformer une situation de violences en véritable enfermement.
Dans son article consacré, en novembre 2025, à la Coalition féministe pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles, nous soulignions déjà que les Françaises et Français établis hors de France étaient également confrontés à des situations de violences et aux difficultés particulières de l’intervention et de l’accompagnement hors du territoire national. L’association appelait alors à « apporter sa pierre à l’édifice » et à mobiliser les élu.es des Français de l’étranger.
Aujourd’hui, cette mobilisation se poursuit au cœur du processus parlementaire.
Un angle mort qu’il faut désormais combler
Des dispositifs existent déjà. Le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a notamment enrichi en 2026 son Guide des victimes françaises à l’étranger de fiches consacrées aux violences sexistes et sexuelles, aux violences conjugales et intrafamiliales et aux mariages forcés.
Une convention conclue en mars 2025 avec la plateforme Save You permet également aux femmes françaises établies hors de France victimes de violences intrafamiliales de bénéficier gratuitement d’une écoute et d’un accompagnement juridique, psychologique et social.
Mais ces dispositifs demeurent fragiles lorsqu’ils reposent sur des dispositifs administratifs et consulaires variables, des moyens budgétaires incertains et aucun cadre légal pérenne.
C’est précisément l’évolution que nous demandons !
Pour un véritable continuum de protection
Français du monde – ADFE demande que la loi intégrale comporte un volet spécifiquement consacré aux Françaises et aux enfants victimes de violences à l’étranger, garantissant :
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- un droit à la protection consulaire et à un accompagnement sécurisé et spécialisé ;
- la continuité de la prise en charge entre l’étranger et la France ;
- l’accès à une mise à l’abri et à un accompagnement d’urgence ;
- la possibilité d’un retour en France lorsque celui-ci est nécessaire à la protection de la victime et de ses enfants ;
- la pérennisation de dispositifs d’écoute et d’accompagnement juridique et psychologique accessibles depuis l’étranger ;
- des moyens budgétaires dédiés et une obligation d’évaluation.
La diplomatie féministe doit aussi protéger les Françaises à l’étranger
La stratégie française de diplomatie féministe 2025-2030 prévoit le renforcement de l’action du réseau diplomatique et consulaire en faveur des victimes à l’étranger. Pour Français du monde – ADFE, cette ambition doit désormais trouver sa traduction dans la loi.
La frontière ne doit pas devenir une frontière des droits.



