La retraite reste, année après année, la première préoccupation des Français établis hors de France. Les résultats du Baromètre Français du monde 2026, publiés récemment, confirment cette tendance pour la quatrième édition consécutive.
Les chiffres sont éloquents : parmi les répondants âgés de 45 ans et plus, 51,9 % déclarent ne pas avoir encore engagé de démarches pour préparer leur retraite. Et parmi ceux qui ont commencé ces démarches, 41,2 % disent avoir rencontré des obstacles importants.
Les difficultés les plus fréquemment citées sont :
-
-
le manque d’information (42,6 %) ;
-
la complexité des conventions bilatérales de sécurité sociale (36,7 %) ;
-
les délais de traitement des dossiers (34,5 %).
-
Face à ce constat, il est essentiel de rappeler les ressources officielles et fiables à disposition des Français de l’étranger.
Le site de référence : l’Assurance retraite
Le portail officiel lassuranceretraite.fr reste le point d’entrée principal pour toute question concernant la retraite française.
Il est possible d’y trouver notamment :
-
-
la consultation de leur relevé de carrière ;
-
une estimation de leur future pension ;
-
les démarches de demande de retraite en ligne ;
-
des informations spécifiques aux carrières internationales.
-
À faire dès maintenant
Créer ou vérifier son espace personnel sur lassuranceretraite.fr afin de contrôler les périodes déjà enregistrées.
Le portail Info Retraite : un outil incontournable
Le site officiel www.info-retraite.fr regroupe l’ensemble des régimes de retraite français.
Il permet de :
-
-
consulter son relevé de situation individuelle ;
-
simuler différents scénarios de départ ;
-
suivre ses droits dans plusieurs régimes ;
-
accéder à des informations dédiées aux Français résidant à l’étranger.
-
Les conventions bilatérales : le point le plus complexe
De nombreux expatriés ont travaillé dans plusieurs pays. Les conventions bilatérales de sécurité sociale déterminent alors comment les périodes travaillées à l’étranger peuvent être prises en compte.
Attention
Tous les pays n’ont pas signé une convention avec la France, et les règles varient fortement d’un État à l’autre.
La liste officielle des conventions est disponible sur le site du Cleiss (Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale)
Le CLEISS : l’expert des carrières internationales
Le CLEISS est souvent méconnu alors qu’il constitue la ressource publique la plus utile pour les questions de retraite internationale.
Il s’agit d’un établissement public à caractère administratif chargé de contribuer à la bonne application de la protection sociale des personnes en mobilité internationale. Compétent pour l’ensemble des risques et régimes de sécurité sociale, le Centre assiste les organismes de sécurité sociale, français ou étrangers, les assurés et employeurs dans l’instruction des dossiers. Le CLEISS peut être amené à renseigner sur les procédures prévues par les différents accords internationaux et à communiquer des interprétations de textes ou de circulaires émanant de ses autorités de tutelle.
Le site www.cleiss.fr propose :
-
-
des fiches pays détaillées ;
-
les règles applicables selon votre pays de résidence ;
-
des explications sur la totalisation des périodes d’assurance ;
-
les procédures de demande de retraite lorsque plusieurs pays sont concernés.
-
La Caisse des Français de l’Étranger (CFE)
Pour les expatriés qui ont cotisé volontairement à la Caisse des Français de l’Étranger, il est important de vérifier :
-
-
les périodes validées ;
-
les cotisations versées ;
-
leur prise en compte dans la retraite française.
-
Les informations sont accessibles sur www.cfe.fr.
Conseils pratiques
Les réflexes à adopter
1 – Vérifier son relevé de carrière tous les deux ans.
2 – Conserver tous ses justificatifs de travail à l’étranger.
3 – Identifier les conventions applicables à chaque pays.
4 – Ne pas attendre 60 ans pour commencer les démarches.
5 – Demander des corrections dès qu’une anomalie apparaît.
Quelle ressource consulter selon votre parcours ?
J'ai travaillé uniquement en France puis je suis parti vivre à l'étranger
Vous avez effectué toute votre carrière en France et résidez aujourd’hui hors du territoire français.
Dans cette situation, votre expatriation n’a généralement pas d’incidence sur les droits déjà acquis.
Vos interlocuteurs principaux sont :
L’objectif est surtout de vérifier votre relevé de carrière et d’anticiper votre demande de retraite depuis l’étranger.
J'ai travaillé en France puis dans un ou plusieurs pays de l'Union européenne
Les règlements européens coordonnent les systèmes de retraite des États membres de l’Union européenne, de l’Espace économique européen et de la Suisse.
Chaque pays verse sa propre pension correspondant aux périodes travaillées sur son territoire, tout en tenant compte des périodes accomplies dans les autres États pour vérifier les conditions d’ouverture des droits.
Par exemple, une personne ayant travaillé en France, en Espagne puis en Allemagne pourra faire valoir l’ensemble de ces périodes dans le cadre des règles européennes.
À consulter :
-
- Assurance retraite ;
- CLEISS ;
- organisme de retraite du pays dans lequel vous résidez au moment de votre demande.
J'ai travaillé dans un pays ayant signé une convention de sécurité sociale avec la France
La France a conclu des conventions bilatérales avec de nombreux pays, parmi lesquels les États-Unis, le Canada, le Québec, le Royaume-Uni, le Maroc, la Tunisie ou encore le Japon…
Ces conventions permettent généralement d’éviter qu’une carrière internationale ne pénalise les assurés, mais leurs modalités diffèrent fortement d’un pays à l’autre.
Certaines prévoient une totalisation des périodes d’assurance ; d’autres organisent principalement le versement des pensions à l’étranger.
Avant toute démarche, il est indispensable de vérifier la convention applicable sur le site du CLEISS.
J'ai travaillé dans un pays sans convention avec la France
C’est souvent la situation la plus complexe.
Lorsqu’aucune convention n’existe entre la France et le pays concerné, les périodes travaillées à l’étranger ne sont généralement pas prises en compte pour le calcul des droits à la retraite française.
Chaque pays examine alors les droits acquis sur son propre territoire.
À consulter :
-
- Assurance retraite ;
- organisme local de retraite ;
J'ai travaillé dans plusieurs pays, certains dans l'Union européenne, d'autres hors Union européenne
Cette situation devient de plus en plus fréquente.
Une carrière ayant alterné, par exemple, entre la France, la Belgique, le Royaume-Uni et Singapour peut relever simultanément :
- des règlements européens ;
- d’une convention bilatérale ;
- et de périodes non couvertes par un accord.
Dans ce cas, chaque période doit être analysée séparément.
Le CLEISS constitue alors le meilleur point d’entrée pour comprendre quelles règles s’appliquent à chaque pays.
J'ai cotisé à la Caisse des Français de l'Étranger (CFE)
Les expatriés ayant adhéré à la Caisse des Français de l’Étranger doivent vérifier :
-
- les périodes couvertes ;
- les cotisations enregistrées ;
- les conséquences de ces cotisations sur leurs droits futurs.
À consulter :


