Accueil 5 L'association 5 À l’étranger aussi, les droits des femmes doivent être protégés
La lutte contre les violences faites aux femmes est indissociable de la défense de leurs droits. Les violences sexistes et sexuelles, où qu’elles se produisent, constituent l’une des violations les plus graves des droits fondamentaux.

Chaque année, le 8 mars nous rappelle une évidence : les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Ils doivent être protégés partout, y compris pour celles qui vivent, travaillent ou voyagent loin de la France.

L’éloignement géographique peut parfois se transformer en isolement. Et lorsque survient une situation de violence — conjugale, sexuelle ou intrafamiliale — l’impression de solitude s’accroit. Dans un contexte international, ces violences peuvent être aggravées par la dépendance administrative, l’isolement social, la barrière de la langue ou encore la méconnaissance du droit local.

Renforcement de l’information, de l’accompagnement et des dispositifs de protection : le « Guide des victimes françaises à l’étranger » publié par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères aborde exhaustivement cette thématique.

Lors de l’ouverture de la quatrième conférence sur les diplomaties féministes, à Paris en octobre 2025, le ministre Jean-Noël Barrot a fixé un cap clair :

« Où qu’elles soient dans le monde, les Françaises victimes de violences doivent pouvoir compter sur une protection efficace et immédiate. »

Cette ambition se retrouve au cœur de l’édition 2026 du « Guide des victimes françaises à l’étranger » qui consacre désormais plusieurs fiches thématiques aux violences sexistes et sexuelles, aux violences au sein du couple ou de la famille, mais aussi aux droits des mineurs, notamment dans les situations de conflits familiaux ou de violences impliquant des enfants.

Guide des victimes françaises à l’étranger

Que faire lorsque la violence survient à l’étranger ?

Face à une agression ou à des violences, la première priorité reste toujours la sécurité de la victime et, le cas échéant, celle des enfants.

Le guide rappelle ensuite plusieurs démarches essentielles : consulter un médecin pour faire constater les violences, préserver les preuves si cela est possible, et surtout signaler les faits aux autorités locales.

Dans ces moments difficiles, les ambassades et consulats de France jouent un rôle crucial d’information sur les droits et d’orientation vers des structures d’aide locales fiables. Ils peuvent aussi faciliter certaines démarches administratives et maintenir un lien avec la famille en France si la victime le souhaite.

Ils ne se substituent pas aux autorités judiciaires du pays, mais constituent un point d’appui essentiel.

Le rôle indispensable des autorités locales

Dans beaucoup de situations, la reconnaissance officielle des faits passe par un signalement ou une plainte auprès des autorités locales.

Cette étape, qui peut sembler intimidante dans un pays étranger est pourtant souvent déterminante pour permettre l’ouverture d’une enquête et la mise en place de mesures de protection.

Il est donc essentiel de s’appuyer sur les dispositifs institutionnels existants, en lien avec les services consulaires.

Les dangers des « bonnes intentions »

Face à la détresse des victimes, la solidarité des communautés expatriées peut être très précieuse tout en recélant un certain nombre de dangers. Groupes informels sur les réseaux sociaux, conseils juridiques approximatifs, interventions non coordonnées : ces démarches, en général animées par de très bonnes intentions, peuvent parfois fragiliser les victimes ou compromettre leurs chances et leur protection.

Dans des situations aussi sensibles, l’accompagnement par des autorités officielles et par des professionnels formés reste indispensable.

Engagement de Français du monde – ADFE

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, rappeler l’existence de ce guide, c’est aussi rappeler un principe fondamental au cœur de l’action de l’association Français du monde – ADFE : la protection des femmes contre les violences doit être garantie partout, sans exception, et pour toutes les citoyennes françaises, où qu’elles se trouvent dans le monde.

Nos sections se mobilisent pour le 8 mars !

Tous les ans, des sections Français du monde – ADFE célèbrent la Journée International des droits de la femme sous une forme culturelle et festive, comme la section de Munich qui propose tous les ans un concert dont le bénéfice est reversé à une association locale de lutte contre les VSS et d’aide aux victimes. Du côté de Berlin, l’action est militante avec une « soirée féministe et inclusive » en plusieurs volets : table ronde, fresque du sexisme et moment convivial avec concert. Au Sénégal, la section de Dakar lève le tabou sur un sujet douloureux avec une conférence sur l’endométriose. Au Bénin, c’est tout au long du mois de mars que des activités sont prévues, entre autres également autour de l’endométriose et du déploiement de la Fresque du sexisme autour de publics juniors. A Essaouira (Maroc) la section célèbre cette journée autour d’un « Ftour » et enfin, du côté de Lisbonne (Portugal), on mise sur le bien-être autour d’un événement organisé en co-partenariat avec d’autres organisations.

Last but not least

Nous avons entendu avec plaisir, lors de la journée d’ouverture de la 44e session AFE, l’intervention du groupe Écologie & solidarité de l’AFE, dont la majorité des élu.es sont membres de notre association, demandant qu’une Délégation aux droits des femmes soient créée au sein de cette assemblée, au même titre que celles qui existent à l’Assemblée nationale, au Sénat et au CESE. La commission des affaires sociales s’est emparée du sujet dès cette même semaine et a présenté une résolution en ce sens, qui a été adoptée à l’unanimité par l’AFE.

Auteur/Autrice

Anne Henry-Werner
Anne Henry-Werner
Allemagne

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